5 minutes avec Christine Cognat

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Journaliste, présidente de Reporters Solidaires

 

Pourquoi avoir accepté de participer au forum journalisme et société ?

C’est toujours une histoire de rencontre. C’est en montant nous même un projet dans le cadre de l’appel à projet de la région auvergne Rhône-Alpes synergie 2017 que nous, reporters solitaires, nous avons organisé un colloque sur les médias et la francophonie. J’ai cherché des partenaires et on m’a conseillé de rencontrer l’association sur les pas d’Albert Londres. On s’est vu pour la première fois il y a 6 mois et Jean-Claude Mayral m’a demandé si je souhaitais faire partie du jury, j’ai tout de suite accepté.

 

Vous êtes présidente de Reporters Solidaires, en quoi consiste cette association ?

Il y a beaucoup de choses dans Reporters Solidaires. Pour commencer c’est une petite association franco-africaine. Créée en 2008 à la suite d’une première demande des autorités guinéennes et de journalistes via une autre association. A partir des années 1990-2000, il y a eu en Afrique de l’ouest la libéralisation de la presse avec une explosion des titres de presse écrite ainsi que de radios et de télévisions. A ce moment la, ils ont embauché des jeunes journalistes qui n’avaient pour la plupart d’entre eux pas de formations professionnelles. Donc nous avons commencé un petit projet en Guinée, puis l’effet boule de neige s’est produit et nous avons créé Reporters Solidaires en 2008.

Nous sommes bénévoles, et notre spécificité est de faire des formations longues durées, il n’est pas question de venir une semaine et repartir. Quand nous avons les financements nécessaires, nous partons sur deux ou trois ans dans un pays à raison de deux fois par an avec un véritable programme d’enseignement. A chaque fois nous réalisons un journal ensemble, au départ c’était un journal papier puis aujourd’hui c’est devenu un blog.

Nous avons aussi participé à la création d’un master 2 en journalisme au Burkina Faso en partenariat avec l’université lumière Lyon 2.

 

Des relations avec des pays africains francophones sont-elles importantes ?

Je trouve qu’elles sont très très importantes. Pour eux, la France représente encore malgré tout la patrie des droits de l’homme avec la liberté de la presse. On se rend compte que nous avons une aura qui non seulement est liée à la francophonie mais aussi à des valeurs véhiculées par le journalisme. On a vraiment un journalisme qui défend des valeurs universelles mais ça va bien plus loin que ça. On se rend compte que les délits de presse sont les mêmes aussi. Tout cela montre des valeurs francophones qui ne sont pas les mêmes valeurs que ceux des anglo-saxons.

 

Les étudiants que vous rencontrez en Afrique ont-ils une image magnifiée de la France ?

Oui complètement. D’un côté pour nous c’est très stimulant parce que l’on rencontre des étudiants super motivés qui idéalisent la France, le métier. Nous remettons un peu les pendules à l’heure lorsqu’on leur dit qu’en France c’est neuf multinationales qui se partagent 90% du contenu des médias. Ca les refroidit un petit peu. On essaye encore de transmettre un savoir-faire. On leur dit que le journalisme c’est le doute permanent, qu’il ne faut jamais croire personne, tout cela c’est des choses que l’on apprend pas forcément dans des écoles mais que l’on acquiert au cours de nos expériences. Et ils apprécient. On reste en contact tout au long de l’année et on essaye parfois de les faire venir en France, à Lyon surtout. Et ils s’aperçoivent que la réalité ne ressemble pas vraiment à ce qu’ils pensaient.

 

Sont-ils déçus ?

Non ils ne sont pas déçus parce que la vie est tellement difficile pour eux. Les journalistes sont très peu payés voir pas du tout. Ils ont des familles à nourrir, des conditions de vie très dures donc ils ne sont pas déçus, au contraire, ils sont émerveillés par tout ce qu’ils voient. Ils se rendent compte que ce n’est qu’une façade, on essaye de leur expliquer qu’en France les journalistes connaissent la précarité, qu’il y a très peu d’embauches et que les jeunes restent des pigistes pendant des années. Mais ils ne nous croient pas vraiment, puisque de toute façon la vie est plus facile chez nous.

 

Journaliste mais aussi écrivaine, vous avez déjà publié deux romans, « Masque de chair » et « Paradis Sucré », travaillez-vous sur un nouvel ouvrage ?

Oui j’en ai écris un qui est au fond de mon ordinateur que je dois reprendre. Mais je n’ai pas le temps, je n’ai jamais autant travaillé que depuis que nous avons créé cette association. C’est encore un roman policier, qui se déroule à Romans, ex-capitale de la chaussure où ma fille a travaillé quelques temps. C’est plus sur le social cette fois-ci.

 

Crédit photo : www.youtube.com

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