« Au lieu de subir, actons, brisons les stéréotypes »

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Eva Simonnot, rédactrice en chef de la Semaine de l’Allier à Vichy nous a accordé quelques minutes pour nous parler de la place des femmes dans les médias. Une femme qui croit en les compétences de chacun et qui est prête à briser les stéréotypes. 

Depuis combien de temps êtes-vous journaliste ?

Depuis 2010, lorsque je suis sortie du centre universitaire d’enseignement du journalisme.

On sait que la parité homme-femme évolue, mais pensez-vous qu’aujourd’hui dans les médias parité égale égalité ?

Par principe je suis contre l’égalitarisme car cela ne permet pas de mettre en valeur les compétences de chacun sur le fond. Les hommes et les femmes sont totalement différents dans leur façon d’être. Dans les exercices d’une fonction on est sur des différences d’êtres humains, pas de sexes, avec des compétences différentes. Ce qui joue c’est d’être compétent ou pas. Je considère que les femmes ont à faire leurs preuves autant que les hommes. Leur place elles doivent la gagner comme n’importe quel homme, la gagner avec ses qualités et ses défauts. Je souhaite que les qualités et les compétences soient aussi misent en avant, c’est souvent le cas mais parfois quand on veut un enfant il y a encore des problèmes. La solution selon moi c’est de valoriser le fait que les hommes puissent prendre un congé parental. C’est le seul frein que je vois aujourd’hui. Il y a la parité dans le journalisme, ce qui freine c’est d’être maman.

Avez-vous déjà rencontré des difficultés dans votre métier du simple fait que vous êtes une femme ?

Forcement cela nécessite de toujours faire ses preuves. Plus qu’un homme je ne peux pas vous dire. La seule différence, parce qu’il n’y en a pas beaucoup je trouve, c’est que quand on est une femme nous avons affaire à beaucoup plus d’hommes, des politiques ou des chefs d’entreprises. Le rapport peut être diffèrent car on remarque un machisme paternaliste. Mais la question c’est de savoir si on le subit ou est ce qu’on en joue parce que c’est l’histoire de la France. Les femmes ont toujours été celles qui recevaient au 19ème siècle et aujourd’hui c’est encore un peu présent dans notre société. Je l’accepte totalement et ça m’amuse plus que ça me choque à vrai dire. Certaines attitudes dépassent les bornes, mais encore très rarement. Jamais on ne m’a mal parlé parce qu’on définit les règles en amont. Mais je peux comprendre que cela puisse être difficile pour certaines femmes parce qu’on nous demande d’agir comme des hommes. J’ai pas envie de dénoncer la société parce que nous sommes dans une ambiance encore bonne, je ne me suis jamais sentie agressée jusqu’au point d’aller porter plainte.

Avec les hashtags #balancetonporc lancés par Sandra Muller la journaliste ou encore #metoo, beaucoup de journalistes ont avoué avoir été victimes de harcèlement sexuel, est-ce quelque chose que vous avez déjà ressenti dans le métier ?

Très peu, c’est une ambiance, encore une fois nous sommes dans une société très masculine. Je peux comprendre que certaines l’ont complètement dénoncé. Je n’ai jamais été victime d’un harcèlement. C’est effectivement des fois des remarques un peu déplacées, mais les réactions doivent être immédiates, je suis plutôt dans l’action, je dénonce s’il le faut. Je préfère tout de même le dire en face directement s’il y a lieu de le faire. Mais pour ma part c’est extrêmement rare. Encore une fois c’est culturel. Il y a une espèce de séduction à la française, c’est dénonciable si c’est un abus. Dans le fond, il faut arrêter de culpabiliser un homme quand il fait un compliment à une femme. Je suis plutôt pour le cas par cas. J’ai trouvé le hashtag bien, mais il y a eu un flux d’information qui a noyé et presque agacé tout le monde.

Nous sommes encore à un stade où on dénonce sur Facebook sans aller jusqu’au bout. C’est une dénonciation généralisée qui n’apporte pas grand-chose pour celles qui ont un vrai problème. Comment sortir des pressions quelles qu’elles soient ? C’est la vraie question, mais que l’on soit un homme ou une femme.

Est-ce que pour vous le rôle de Miss Météo est un stéréotype dégradant pour les journalistes ?

C’est un stéréotype de base mais que l’on peut casser, à l’image de Louise Bourgoin qui a complètement cassé les codes. C’est intéressant de mettre cela en avant. Une miss météo des plus banales, sera moins médiatisée qu’un monsieur météo, c’est sur mais encore une fois tout dépend de comment c’est traité. Si on en plaisante ça deviendra normal d’avoir des misters météo. Au lieu de subir, actons, brisons les stéréotypes et devenons originales.

Est-ce qu’une journaliste en particulier vous inspire ?

Oui, c’est Florence Aubenas, une des plus grandes journalistes de France à mon sens, qui inspire mon travail au quotidien. Ca aurait été un homme ça aurait été la même chose. C’est sa façon de faire qui m’inspire. Je trouve cela absolument génial qu’elle se mette en situation, qu’elle aille sur le terrain. Le problème d’aujourd’hui c’est que les journalistes restent trop dans leur bureau. Je suis pour le retour des journalistes de terrain.

 

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