Entrevue avec Daphnée Breytenbach

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Journaliste indépendante, photographe et réalisatrice.

« Ecrire Montréal – Regards d’ailleurs », qu’est-ce que cela raconte exactement ?

C’est un film co-réalisé avec Lucas Mikaberidze. Au mois de juin nous sommes partis auCanada et au Québec, et nous venons de finir notre film. C’est le portrait de Montréal à travers d’écrivains qui ont la particularité d’êtres des écrivains de l’exil ou en exil. Des écrivains qui ne sont pas nés au Québec, qui ne sont pas d’origine québécoise et dont la langue maternelle n’est pas le français. Pour eux Montréal est une terre d’accueil, une ville d’adoption. On trouvait cela intéressant d’aller voir des gens qui sont allés jusqu’au bout d’un processus d’intégration. Ils ont adopté la langue, et écrivent tous maintenant en français. C’est une manière de faire un portrait de cette ville à travers les yeux de ceux qui l’ont choisis.

 

L’année dernière, vous avez remporté le prix de l’Office Franco-Québécois pour la Jeunesse, que vous a apporté ce prix ?

L’an dernier nous étions nous aussi en compétition aux rencontres jeune reporter francophone avec le film « Tombée de rideau » et nous avons remporté ce prix. L’office franco-québécois de la jeunesse nous a offert une bourse pour payer nos billets pour le Canada et le Québec afin de réaliser un film sur le sujet de notre choix. Cela nous a donné une impulsion, on s’est intéressé au Québec et surtout Montréal, cela nous a aussi permis de retravailler ensemble. C’est une super expérience.

 

Maintenant vous êtes de l’autre côté de la berge, vous avez fait partie du jury. Pourquoi avoir accepté ?

J’ai rencontré Jean-Claude Mayral l’année dernière, nous avons beaucoup discuté. Il se trouve que je suis entrain de réaliser un documentaire sur la tribu des Navarros au Etats-Unis. C’est un grand passionné des amérindiens, on a accroché direct, nous sommes resté en contact et il m’a proposé d’être membre du jury. J’ai accepté tout de suite. C’est un grand plaisir de voir les productions de jeunes étudiants.

 

Vous, qui êtes journaliste indépendante, comment va évoluer l’information dans les années à venir d’après vous ?

C’est la grande question. Ce que j’observe sur la pratique du métier c’est que autour de moi, la plupart des jeunes journalistes se dirigent de plus en plus vers la pige et l’indépendance. Il y a de moins en moins de place dans les médias nationaux. On est de plus en plus multi-casquettes, il y a un phénomène qui tend à se renforcer. L’information, elle, est en pleine évolution. Mais je pense qu’il y a plein de nouveaux journalistes qui ont des idées et qui créent de nouveaux formats, de nouvelles choses émergent.

 

Que peuvent apporter les étudiants d’aujourd’hui qui sont de futurs journalistes ? Un conseil pour eux ?

Ils doivent être le plus inventifs possibles, il faut des idées. Ils doivent exploser les codes ou les réinventer, tester les formats et les tester en ligne. J’étais à l’école il y a encore pas très longtemps, si je devais donner des conseils ça serait d’être passionné, d’avoir le gout de l’aventure, ne pas s’attendre à être dans une stabilité très vite, mais il ne faut pas se décourager. Les débuts sont durs comme dans beaucoup de métiers aujourd’hui. Et surtout ne pas hésiter de proposer aux médias.

Crédit Photo : www.callipige.fr

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