Michèle André : « Aussi longtemps que l’une de nos sœurs sera sans libertés quelque part dans le monde, nous serons là »

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IMG_1544Cette femme politique française a tout au long de sa vie agit pour ses consoeurs sans jamais quitter sa région natale des yeux. De Clermont-Ferrand à Paris, d’adjointe aux sports à la Mairie de sa ville au poste de Secrétaire d’État chargée des Droits des Femmes et de l’égalité des chances entre les hommes et les femmes, elle a toujours su faire entendre la voix des femmes. Le 8 mars dernier à Royat c’était au tour des femmes de remercier cette figure féminine emblématique du paysage politique auvergnat, lui remettant le trophée de la Politique de l’association Femmes Leaders Mondiales. Une femme engagée dans la politique, mais avant tout une femme qui tendra toujours la main à ses « sœurs ».

 

Que représente pour vous le trophée que vous avez reçu ?

Il représente beaucoup la confiance et l’amitié de toute l’équipe de Nicole Barbin et d’elle même parce que nous n’étions pas sur les mêmes bancs mais dans la même collectivité à Clermont-Ferrand et notre relation s’est fondée sur l’estime réciproque. Je le vois comme un cadeau des femmes à la femme que j’ai essayé d’être pour servir la cause des femmes toute ma vie.

 

Vous qui avez dédié votre vie aux femmes, que représente la journée du 8 mars ?

C’est une date très importante, c’est le rappel historique du moment ou des femmes se sont dressées pour protester ensemble contre quelque chose qu’elles trouvaient injuste. C’était une grande grève en Amérique de Nord.

Lorsqu’en 1982, Edith Cresson nous a demandé d’amener 10 femmes de notre région à l’Elysée, j’avais ramené 10 femmes auvergnates. Ces premières festivités étaient magiques. Certaines femmes de la délégation que je conduisais n’avaient jamais pris l’avion ou n’étaient jamais venu à Paris, pour moi qui étais toute jeune, c’était comme conduire une délégation de prestige. J’en garde un magnifique souvenir.

 

Depuis le temps, des progrès ont-ils été fait ?

Oui beaucoup sur tous les points, y compris en nombre d’élus. Aujourd’hui il y a beaucoup de femmes à l’Assemblée Nationale, j’ai présidé le « Groupe français de l’union interparlementaire » durant les cinq dernières années où j’étais au Sénat et j’étais navrée quand je voyais que la France était dans les bas de tableaux que nous recevions tous les ans. Aujourd’hui c’est fini, c’est formidable. Tous les métiers nous sont accessibles, avant ce n’était pas le cas. Tout cela c’est bien, c’est encourageant.

 

Dans l’absolu, souhaiteriez vous que la journée internationale de la femme disparaisse ?

Evidemment, et si un jour tout va bien, elle n’aura plus de raisons d’être. Dans sa symbolique c’est pour rappeler des choses et dire à tous « regardez il nous manque encore ça ». Elle devra disparaître, dans 10 ans, dans 20 ans, nous ne savons pas encore, mais il le faudra. François Mitterrand m’avait dit lorsque j’étais sa ministre, « moi vous savez je ne verrais jamais la véritable égalité des hommes et des femmes, cela va prendre du temps, je ne serai plus de ce monde. Si l’on ne change jamais de cap, cela prendra deux générations », j’y pense souvent, on y arrivera bientôt, en 2030. Les jeunes femmes le verront. Et un jour je pense que les hommes nous remercieront d’avoir inventé la parité, ça les protégera.

 

Quel message voulez-vous adresser aux femmes ?

Je leur souhaite de profiter de tout ce qui est acquis pour être heureuse, s’engager pleinement, être des citoyennes vibrantes, tout ce qui est la vie collective.

 

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